Envie d'écrire, de vibrer, de vivre parmi tous ces mots qui se mêlent dans ma tête faisant mon humeur du jour bariolé. Je n'ai pas l'habitude de dévoiler tous ces sentiments qui me font, m'habillent et pourtant aujourd'hui, j'ai envie de peindre ce blog avec mes mots...
J'ai toujours aimé écrire depuis que j'ai su esquisser mes lettres je pense. Mais pudique, je les ai toujours gardés cachés. J'ai retrouvé des cahiers vêtus de poussière, lesquels j'ai noirci d'écriture et avec lesquels j'ai vibré au rythme de cette petite vie qu'est mienne. L'écriture est une belle échappatoire pour pouvoir survivre dans tous ces moments si intenses en sentiment.
Aujourd'hui, j'ai juste envie, envie de partager avec vous qui me visitez si souvent...
Demain sera peut-être un grand jour pour moi, pour notre couple... Après tant de batailles pour pouvoir s'unir.

C'est l'histoire d'une rencontre en Inde durant mon premier voyage en 2001 où j'ai rencontré l'amour de ma vie. Rencontre foudroyante dès le premier regard, dès le premier échange. Cette femme puisque s'en est une a le double de mon âge et de plus, est dans les ordres mais qu'importe nos coeurs se sont choisis mutuellement, nos peaux se sont reconnues, nos destins se sont croisés parmi plus d'un milliard de personne dans ce pays qu'est l'Inde.
La première séparation nous déchire mais que faire quand moi, je suis encore dans les études et elle, si haut placé dans les ordres ? Il nous faudra attendre un an avant de pouvoir se retrouver ; ne nous quittant jamais à travers nos lettres et vivant comme des funambules sur un fil puisque ne sachant pas où allait nous mener notre amour. La deuxième année nous emmène encore plus loin dans cet amour qu'il faut caché, déguisé puisque dans ce pays c'est l'inacceptable !!! Peu nous importe, nous nous aimons et c'est çà le principal, notre amour nous envole au-delà de tous ces problèmes nous paraissant bien terrestre.
Deuxième séparation puisque toujours les études  en cours, de plus en plus intenses se font les lettres et le téléphone. Nous survivons tant bien que mal chacune dans nos respectifs pays subissant la vie plutôt que de la vivre. 
Troisième voyage. Troisième et dernière séparation, notre choix est fait. Nous ne voulons plus subir cette séparation et nous ne voulons plus de petits temps volés par-ci, par-là. Nous voulons des grands temps qui seraient des grands sourires à la vie et même une vie ensemble, une petite vie tranquille et pourtant si précieuse et si jolie. Mais c'est sans compter les autres : le couvent, l'administration française et indienne !! Enfin après un an de lutte chacune  dans nos pays ou pas une minute ne passait sans être douleur de ne pas pouvoir s'unir, ne désespérant pas devant toutes ces barrières qui se dressaient sur notre route. Soutenues et même portées par nos entourages respectifs. Nous avons pu nous retrouver sur le sol français, il y a maintenant un an et demi. Découvrant enfin une vie commune, notre amour pouvait prendre toute son ampleur.
Oui mais voilà, n'importe qui ne peut pas résider en France comme il le souhaite.
Bientôt, nous allions connaître la peur, la cruauté de l'administration française qui vous oblige à vivre caché avec la peur au ventre qu'un jour on vous sépare parce que vous n'avez pas ce petit morceau de papier détenteur de la liberté. Que je m'explique ayant un visa juste pour un mois car l'Inde n'aime pas voir ces ressortissants partir, nous nous sommes renseignées pour savoir comment faire pour construire notre vie sans que la menace d'être séparées par la loi des hommes nous assaille. Et là, l'horreur, il faut un an de vie commune sans coupure pour obtenir un titre de séjour alors comment faire quand on s'est pertinemment que le visa d'un mois que mon amie a obtenu a été délivrée exceptionnellement  car elle avait des connaissances dans l'ambassade (pour montrer l'administration indienne, pendant que mon amie faisait sa demande pour un visa, elle a rencontré une Indienne qui était mariée à un Français depuis un an mais qui n'arrivait pas à le rejoindre dû aux papiers).
En un mois, il a fallu vite prendre une décision ou  elle repartait mais mentalement, nous n'étions plus capables de subir une nouvelle séparation ayant donné toute notre énergie à nous retrouver.
Ou elle restait et nous nous engagions à vivre comme des hors la loi, coupable de s'aimer.
Nous optons pour cette deuxième solution, à partir du moment où la validité du visa est finie, nous allons vivre la peur au ventre dès que l'on croisera des agents de l'ordre, retenant notre souffle à chaque sortie. Ne sortant plus ou peu pour ne pas être pris, usant de toutes les petites rues pour se faufiler. Notre crime : S'aimer !!

L'époque du couvre feu imposé en France dû à la violence pour nous, est un calvaire. Déclinant les invitations étant donné le nombre de contrôle qui s'effectue !! Et puis, il y a toutes ces lois qui sont votées et qui continuent à nous mettre des bâtons dans les roues. Je ne supporte plus la télévision avec ses infos. Me réveillant en pleine nuit remplie d'angoisse par ce que je vois à travers les médias. Mais qu'avons-nous fait pour ne pas pouvoir s'aimer tranquillement ??  Faut-il choisir et aimer un Français pour ne pas avoir de problèmes ??

Nous nous sommes battues avec un député à nos côtés pour appuyer notre demande. A l'heure où ce billet sera publié, nous serons à la préfecture la peur au ventre pour déposer encore un dossier !!

Je n'aurais pas cru que mon pays m'aurait fait vivre ce calvaire même si notre amour n'en ressort que plus fort. Nous n'avons rien à prouver, nous voulons seulement nous aimer simplement LIBREMENT !!

Aujourd'hui, j'avais envie, envie de partager avec vous cette vie qui me façonne !!